Une économie circulaire autour des microalgues

L’Union Européenne soutient l’INP Toulouse

Le mardi 25 octobre 2016

Si la production de biodiesel à partir de microalgues est une avancée scientifique dont la faisabilité a été démontrée, la mise en œuvre de ce procédé est limitée car la productivité de ce processus reste faible et son coût, élevé. De surcroît, le processus génère des déchets qui gagneraient à être utilisés.

Dans ce contexte, l’Union Européenne vient de soutenir le CRT CATAR*, adossé à l'INP Toulouse, impliqué dans le projet CYCLALG, en collaboration avec 5 autres centres technologiques de France et d’Espagne**, dont le but est de promouvoir une bioraffinerie à base de microalgues. L’enjeu de ces recherches est double : d’une part, améliorer le processus de fabrication du biodiesel à partir de microalgues, et, d’autre part, exploiter les déchets qui résultent de ce processus.

Ce programme de recherche propose un schéma basé sur un principe d'économie circulaire, dans lequel les coproduits agroindustriels seront utilisés pour nourrir les microalgues, produire des aliments pour les animaux ou encore des cosmétiques.

Pour Christine Raynaud, Responsable du projet CYCLALG : « Ces recherches représentent un enjeu considérable. Tous les pays cherchent à concevoir des énergies et des produits fiables, propres et peu coûteux, et les microalgues présentent un très gros potentiel. Nos chercheurs devront permettre de créer une bioraffinerie utilisant intégralement la biomasse microalgale pour la production des molécules à haute valeur ajoutée ».

1.4 M€ pour 3 ans

Un des objectifs du projet CYCLALG, d’une durée de 3 ans, est de développer et de valider de nouveaux procédés technologiques pour obtenir du biodiesel à partir de la culture en conditions hétérotrophes de microalgues. Ces nouveaux procédés augmentent la quantité et la qualité d’huile extraite des algues, pour rendre le processus plus productif et donc plus rentable.

Le projet CYCLALG envisage de mieux utiliser les résidus générés au cours de la production de biodiesel à partir de microalgues, par exemple pour produire des bioengrais ou des produits nutritifs (aliments pour animaux, produits cosmétiques et autres).

Le projet a été cofinancé à hauteur de 65% par le Fonds Européen de Développement Régional (FEDER) au travers du Programme Interreg V-A Espagne-France-Andorre (POCTEFA 2014-2020). L’objectif du POCTEFA est de renforcer l’intégration économique et sociale de l’espace frontalier Espagne-France-Andorre. Son aide est concentrée sur le développement d’activités économiques, sociales et environnementales transfrontalières au travers de stratégies conjointes qui favorisent le développement durable du territoire.

L’INP Toulouse, excellence en Recherche

Avec 17 laboratoires et 790 enseignants-chercheurs, l’INP Toulouse est un acteur majeur de la Recherche en France (12 brevets déposés par an et 450 contrats actifs en recherche partenariale).

L’Europe soutient souvent l’INP Toulouse pour mener des projets de recherche. Depuis peu, l’Etablissement travaille par exemple sur HASTECS, des recherches qui consistent à réduire le bruit et les émissions de CO² dans l’aviation civile.

* CATAR : adossé au Laboratoire de Chimie Agroindustrielle (LCA : INP Toulouse / INRA), "spécialisé dans la valorisation des produits et co-produits de l'agriculture et de la forêt.

** Neiker Tecnalia, Centro Nacional de Energías Renovables, Tecnalia Research & Innovation, Asociación de la Industria Navarra, le Centre Technologique en Environnement et Maîtrise des Risques en Aquitaine.