Nouvelle Chaire Anosmie, rendre visible l'invisible

Grenoble Ecole de Management, acteur des questions sociétales

Le mardi 21 mars 2017

10% de la population mondiale souffre d'une perte partielle ou totale de l'odorat : on parle d’anosmie. Le malade a des difficultés relationnelles, car il est inquiet de la façon dont on sent son odeur. Il a des problèmes d'alimentation, car la perte d'odorat diminue évidemment le goût et le plaisir de la Table. Le malade s’isole et peut s’exposer au danger car il ne sent ni la fumée ni la fuite de gaz par exemple. Et pourtant, ni les professionnels de la santé ni le grand public n’ont véritablement conscience de ce problème.

Le lundi 20 mars 2017, Grenoble Ecole de Management (GEM) a lancé sa nouvelle Chaire de Recherche : Anosmie, rendre visible l'invisible, animée par Vincent MANGEMATIN, Directeur scientifique de la Recherche. Cette Chaire vise à sensibiliser les industriels et le grand public à l’anosmie, et à donner aux anosmiques des outils pour mieux vivre leur maladie.

Pour Sylvain COLOMBERO, enseignant-chercheur à GEM : « Selon nous, l’une des missions des écoles de management est de contribuer à l’amélioration de la société. Créer un monde meilleur prend nécessairement différentes formes. Se pencher sur le bien-être des personnes souffrant de maladies rares en est une. A travers cette nouvelle Chaire, notre idée c’est d’aider les industriels à envisager des innovations qui seraient vraiment très appréciées par les anosmiques. Veulent-ils qu’on les aide à détecter des odeurs ? Ou s’accommodent-ils finalement de la maladie ? Des innovations modestes feraient-elles le bonheur des intéressés ? ».

Sensibiliser les industriels et le public

Une des intentions des créateurs de la Chaire Anosmie, rendre visible l'invisible, c’est de transformer l’anosmie en cause, en donnant à cette affection un très large écho dans l’opinion.

La nouvelle Chaire est soutenue par la Fondation GEM School for Business For Society qui œuvre pour détecter et comprendre les phénomènes émergents, et forger les outils qui concilient l’économique et l’humain. La Fondation soutient un management humain et responsable, pour une création de valeur respectueuse des ambitions de chacun et de la planète.

Comprendre pour apporter une innovation adaptée

La nouvelle Chaire contribuera aussi à mettre à la portée des patients anosmiques des outils technologiques qui les aideront à mieux vivre. Mais penser qu’une technologie unique remplaçant l’odorat naturel conviendra à tous est illusoire. Il faut d’abord comprendre comment les anosmiques vivent vraiment la perte de leur odorat pour leur apporter une réponse adaptée.

Pour savoir comment les malades acceptent les technologies innovantes, les enseignants-chercheurs de la Chaire Anosmie, rendre visible l'invisible analysent pourquoi les malentendants avaient repoussé la technologie du Transistor dans les années 1990.

Et pour cerner précisément les besoins des anosmiques, les chercheurs souhaitent créerune communauté anosmique pour entendreleurs expériences et échanger avec eux sur les progrès scientifiques.